08.04.2007

A postcard from home

Toujours heureuse de rentrer mais dix minutes passées dans le cocon familial suffisent généralement à me faire regretter le déplacement. Ma mère et toute cette pression, ces chantages pour me faire revenir, définitivement, et m'avoir à disposition, à nouveau. Cette fois j'ai fait mon choix : la réponse est non.
 
Marcher dans l'herbe, pieds nus ou presque. Regarder le ciel, bleu... un bleu absolu, saupoudré de traînées de nuages qui ne sont là que pour souligner ce magnifique ciel de printemps. Un peu de rosée oubliée sur une tige trempe mes orteils au passage. I feel free.
Je ne suis peut-être pas une fille de la ville, finalement...
 
Arriver chez mes grands-parents. Les regarder se déchirer, les regarder vieillir (mal). Penser que dans quelques années les rôles seront inversé, que ma mère sera à leur place et que je serai sans doute perdue et désorientée, face à cette situation. Quand j'y pense, j'ai peur.
 
Me dire, une fois de plus, que je ne veux pas porter d'enfant. Que je ne veux pas leur transmettre cette hérédité faussée, ce poids de culpabilités, ce bagage de malheurs. Que je ne veux surtout pas avoir de fille, j'ai trop peur de la mère que je pourrais être.
 
Revoir mes amies. Mesurer à nouveau le gouffre qui nous sépare, maintenant, jeter des passerelles et me rendre compte qu'il est des choses que je ne pourrai plus jamais leur dire.
 
Soupir.
 
Parfois je me dis que je ferais mieux d'oublier mon ancienne vie et ses fantômes...