01.08.2007

Screeching gears and spinning wheels

(ou un truc du genre)

(en anglais il y a certainement un mot pour dire "le bruit que fait un rouage qui n'a pas tourné depuis longtemps quand on met un peu d'huile dessus et que ça recommence à tourner en grinçant un peu au début")

(mais j'ai la flemme de chercher)

 

Je ne sais pas pourquoi j'éprouve, en ce moment, le besoin de dire à mes "proches les plus proches" que je les aime, alors que ces mots-là n'arrivent pas à franchir mes lèvres quand je parle à mon homme.  

Avant c'était l'inverse.  

L'autre jour je disais que quelque chose "bouge" à l'intérieur, là j'ai plutôt l'impression d'une mécanique qui se remet en branle. Ou qui se met en branle tout court, d'ailleurs, je ne suis pas sûre qu'elle ait beaucoup servi au cours des 27 dernières années.

La solitude a du bon, finalement...  

17.06.2007

Daddy was an alcoholic (ou presque)

- Dis, Papa... ? Euh... Non rien.

5 mots pour résumer 27 ans de relations père-fille.

Mais tout ça, c'est loin derrière moi.

Bonne fête Papa.  

03.06.2007

[...]

Des choses à te dire j'en aurais des piles, depuis toutes ces années.

Des reproches peut-être, des cris et des larmes, sans doute.

Toi et moi c'était pour la vie au départ, non ?

Jamais je n'aurais pensé que cela pourrait se passer comme cela.

Mais c'est ainsi : tu es comme tu es, tu as tes défauts et tes faiblesses comme tout le monde.

Plus que tout le monde, peut-être.

Plus que les autres, en tout cas.

Je sais que je n'ai pas été facile, même si j'ai fait beaucoup d'efforts.

Mais c'est seulement maintenant que je comprends ceux que tu as pu faire.

Alors je pourrais t'en vouloir oui, je pourrais t'accuser d'être responsable de la situation et te reprocher ton influence.

Je pourrais faire comme les autres, justement. 

Mais à quoi bon ?

A rien, je pense.

Alors voilà, puisque je n'arrive pas à te le dire en vrai, autant le dire quelque part.

Ici par exemple.

Je te pardonne.

Je vais vivre avec tout ça, faire le tri et ça ira, ne t'en fais pas.

Bonne fête, Maman.  

 

21.05.2007

Black Cherry

Quand j'étais petite, tu me disais : "Viens ma chérie, on va aller cueillir des cerises." Je mettais ma main minuscule dans ta grosse main calleuse et j'avais l'impression que rien ne pourrait jamais m'arriver.

La vieillesse et la mort n'existent pas, quand on a cinq ans.

Deux fois déjà je me suis précipitée en hurlant après t'avoir vu tomber du cerisier. Deux fois tu t'es relevé en me disant que j'aurais fait une très mauvaise infirmière. Tu étais bien placé pour le savoir.

La troisième fois je n'étais pas là. La troisième fois, tu n'as pas pu te relever.

Bientôt un an que l'accident s'est produit.

Bientôt six mois que je n'arrive plus à te regarder en face, que j'ai peur de revoir ces yeux fous, ceux du soir de Noël. Ces quelques minutes où je me suis retrouvée seule avec toi, et où j'ai compris que tu n'étais plus vraiment le même.

Surcharge médicamenteuse. Dépendance. Ils sont difficiles à avaler, ces mots-là, tu sais.

Alors, même si la maladie te fait et te fera dire des choses que peut-être tu  ne m'aurais jamais dites, sache que...

si je n'écris pas,

si je n'appelle pas,

si je ne reviens pas,

ce n'est pas parce que je ne pense pas à toi.

Mais je n'ai pas envie de garder ce souvenir-là, tu comprends ?

Les cerises n'auront plus jamais le même goût.  

 

PS : Moi aussi je t'aime.  

08.04.2007

A postcard from home

Toujours heureuse de rentrer mais dix minutes passées dans le cocon familial suffisent généralement à me faire regretter le déplacement. Ma mère et toute cette pression, ces chantages pour me faire revenir, définitivement, et m'avoir à disposition, à nouveau. Cette fois j'ai fait mon choix : la réponse est non.
 
Marcher dans l'herbe, pieds nus ou presque. Regarder le ciel, bleu... un bleu absolu, saupoudré de traînées de nuages qui ne sont là que pour souligner ce magnifique ciel de printemps. Un peu de rosée oubliée sur une tige trempe mes orteils au passage. I feel free.
Je ne suis peut-être pas une fille de la ville, finalement...
 
Arriver chez mes grands-parents. Les regarder se déchirer, les regarder vieillir (mal). Penser que dans quelques années les rôles seront inversé, que ma mère sera à leur place et que je serai sans doute perdue et désorientée, face à cette situation. Quand j'y pense, j'ai peur.
 
Me dire, une fois de plus, que je ne veux pas porter d'enfant. Que je ne veux pas leur transmettre cette hérédité faussée, ce poids de culpabilités, ce bagage de malheurs. Que je ne veux surtout pas avoir de fille, j'ai trop peur de la mère que je pourrais être.
 
Revoir mes amies. Mesurer à nouveau le gouffre qui nous sépare, maintenant, jeter des passerelles et me rendre compte qu'il est des choses que je ne pourrai plus jamais leur dire.
 
Soupir.
 
Parfois je me dis que je ferais mieux d'oublier mon ancienne vie et ses fantômes...