30.06.2007
Anyway the wind blows
Il y a le silence dans la maison, le chant des oiseaux dehors et loin, en sourdine, le grondement de la ville.
Il y a l'herbe sous mes pieds, la caresse des fleurs de luzerne sous ma main et le ronronnement du chat sur mes genoux.
Il y a les silences des autres, qui auraient pu être assourdissants en d'autres temps, et qui finalement ne me pèsent pas tant que cela. Je m'y suis faite.
Il y a un vide, là à l'intérieur, un creux, un gouffre, un manque, un ennui profond qui grandit d'heure en heure et me laisse sans voix. Je ne sais comment le combler, ce vide béant.
Besoin d'aller vers autre chose, de trouver autre chose. Mais quoi ?
L'impression que tout passe et glisse sur moi, me laissant indifférente. Je ne suis pas de marbre, je suis juste lisse, sans aspérités, "déperlante" dirait-on au bureau. Qui sait...
Etrangère à moi-même, en fait. A peine mélancolique, et surtout pas triste. Bizarre.
Tout à l'heure je sortirai et remettrai mon masque de fou du roi pour redevenir celle qui va toujours bien. Celle qui a besoin des autres comme d'une drogue et fait marcher les choses à l'envers.
Je ferais mieux de sauter à pieds joints sur les modèles de fonctionnement que j'ai créés depuis mon enfance et d'aller m'en trouver d'autres, le bricolage est décidément loin d'être ma spécialité.
Il est temps que certaines choses changent.
11:45 Publié dans in(?)me | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Queen, l'illusion c'est les autres


Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://amiwrong.hautetfort.com/trackback/1120972
Commentaires
... l'horreur du " il y a ", insaisissable, innommable, rien que de l'être qui reste totalement anonyme puisque personne ne se l'approprie ... Comme on dit " il pleut "... ( à suivre )
Ecrit par : Larévolte | 30.06.2007
Oui, mais le " il y a " précède le " étrangère à moi-même"...
Grande cohérence, donc, mais trop blindée, bouclée... Non ?
Ecrit par : Laurent Morancé | 01.07.2007
@ Larévolte : Oui voilà. Mais en même temps c'est neutre et impersonnel à souhait, idéal pour prendre la distance parfois nécessaire lorsqu'on a des choses difficiles à sortir. Eternel paradoxe (chez moi du moins).
@ Laurent Morancé : Protection, toujours...
Ecrit par : AmIWrong? | 02.07.2007
... J'aime beaucoup l'atmosphère de cette note. Elle me fait penser à une scène à huits clos du cinéaste Ingmar Bergman dans laquelle Liv Ullman parle de ce qu'elle ressent d'une manière déconnectée du quotidien qui l'entoure.
"Bohemian Rapsody" parle également de ce décallage entre le réel et la fantaisie. Le choix du titre de votre note est excellent (une fois de plus)
Ecrit par : Un mot passant | 02.07.2007
@ Un mot passant : Oui, le décalage est une constante, chez moi. Merci pour le compliment :)
Ecrit par : amIwrong? | 03.07.2007
Une autre façon de le dire ( j'ai la flemme d'écrire la suite...) empruntée àl Beckett " J'ai renoncé avant de naître, ce n'est pas possible autrement, il fallait cependant que ça naisse, ce fut elle. J'étais dedans, c'est elle qui a crié, je n'ai pas vu le jour, moi je n'ai pas crié, je n'ai pas vu le jour, il est impossible que j'ai une voix, il est impossible que j'ai des pensées, et je parle et je pense, je fais l'impossible, ce n'est pas possible autrement, c'est elle qui a vécu, elle a mal vécu, à cause de moi..." Un classique, tout va bien...;-)
Ecrit par : Larévolte | 07.07.2007
@ La révolte des formes : (vous avez souvent la flemme, en ce moment... sourires) Un classique, croyez-vous ? Je m'en vais chercher la réponse dans ma bibliothèque, alors...
Ecrit par : Wrong I AM | 09.07.2007
Ecrire un commentaire