13.04.2007
The Wall
Hier soir, au restaurant, j’ai regardé les briques du silence s’empiler les unes sur les autres entre lui et moi, mur épais mais invisible. Nous étions assis là, face à face, et pendant quelques instants je n’ai rien eu à lui dire. Moi qui suis une bavarde invétérée, dont la tête fourmille en permanence d’idées, moi qu’il est plutôt obligé de faire taire, d’habitude, pendant quelques minutes j’ai cherché quoi dire. Je ne suis même pas sûre que cela me soit déjà arrivé. Mais lui n’a rien remarqué sur le moment.
Quelques heures plus tard, avant de dormir, il m’a demandé d’où lui venait cette impression désagréable qui lui dit que je suis en train de m’éloigner de lui. Je n’ai pas su quoi répondre.
D’une part la question était mal formulée. Ce n’est pas moi qui m’éloigne, c’est un mouvement mutuel. Nous nous accrochons tous deux à cette relation comme à une bouée de sauvetage mais nous sommes en train de la couler, je crois. Nous évoluons différemment, nous n’avons plus les mêmes envies, et lui refuse de l’admettre. Il fait des efforts pour essayer d’inverser la tendance, mais je vois bien qu’il se force. Et je ne suis même pas sûre qu'il soit conscient de tout cela, c'est peut-être le pire...
D’autre part, que répondre à cette question ? Je n’ai jamais été sûre de rien, mais là, moins que jamais.
"Mais tu m'aimes, dis ?" "Oui." [je crois, je n'en sais rien, je suis perdue, ne me pose pas cette question maintenant, laisse-moi dormir, arrête de me harceler avec ça, mais quand donc comprendras-tu que je suis incapable d'avoir une fichue certitude !]
Ce matin, j’écoutais les pleurs des ondes Martenot accompagnant la voix de Thom Yorke dans "Pyramid Song" (Radiohead) et j’ai senti une vanne s’ouvrir en moi et les larmes couler sur mon visage.
De l’équilibre et un peu de calme, c’est exactement ce dont j’aurais besoin en ce moment pour faire le vide et y voir un peu plus clair. Mais cela ne me semble pas être envisageable...
00:10 Publié dans in(?)me | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : solitude, communication, mur, Radiohead


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Commentaires
Terrible... Tu me renvoies tellement de "souvenirs". Nous nous disions je t'aime tous les jours. Et puis à la fin, je ne répondais plus. Incapable de mentir...
Il est peut-être conscient, mais c'est tellement plus facile de laisser l'autre assumer les responsabilités...
Ecrit par : presque | 13.04.2007
Waouh.
Un de ces flashbacks.
A en croire que nos petites souffrances ne sont que des routines, ou bien alors qu'il existe des ames-soeurs aux destins croisés.
Cette perte des sentiments, que l'on ne s'avoue même pas à soi-même.
L'impression de ne plus rien ressentir.
Comme l'agueusie d'un coeur devenu apatique et empâté.
Pourtant la machine grince encore à l'intérieur.
Le barrage aux émotions a cédé sur "Life In A Glasshouse"
(même groupe, même album)
Et j'avoue même m'être complu à cette catharsis.
Piste n°9, Hunting Bears. Celle-là fait du bien.
Ecrit par : Ccoton | 13.04.2007
What shall we use
To fill the empty spaces
Where we used to talk ?
How shall I fill
The final places ?
How can I complete the wall ...
(Pink floyd/The wall/Empty spaces)
Parfois les mots ont besoin d'etre habilles d'un peu de musique....
Ecrit par : deep | 14.04.2007
@ presque : Oui, trois petits mots de rien du tout et pourtant souvent pas moyen de les prononcer. Et jamais sûre de rien en les disant... dur dur...
@ Ccoton : Je regarde autour de moi et je vois beaucoup de personnes des deux sexes dans la même situation que moi ou presque. Parfois je me demande si nous sommes vraiment tous si uniques, il y a quand même beaucoup de schémas qui se répètent... ;) Moi, toutes les chansons de Radiohead me font du bien, mais celles du dernier album particulièrement. :)
@ deep : Oui, c'est ce que j'essaie de faire... Merci.
Ecrit par : amIwrong | 14.04.2007
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