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09.04.2007

High and low (fidelity)

Plusieurs notes m’ont été nécessaires pour arriver à écrire celle-ci, mais c’est un peu la pierre angulaire de ce carnet... A la fois la note fondatrice avec un temps de retard, et une espèce de point d'orgue en suspens...

 

Parmi mes amis, je compte quelques « couples fusionnels » dont les deux membres ne semblent pas pouvoir vivre l’un sans l’autre, et surtout, dont les deux membres avouent ne plus « voir » les autres personnes du sexe opposé depuis que leur histoire a commencé. Quand j’y pense, je me demande si une chose pareille pourrait m’arriver.

Je ne suis pas, par nature, quelqu’un d’exclusif… et je pense être bien plus fidèle en amitié qu’en amour. Ma conception de la fidélité est élastique au possible et j’en viens parfois à me demander si conception il y a, en réalité.

Si embrasser est tromper, j’étais déjà infidèle alors que nous n’étions ensemble que depuis un mois et des poussières. Au cours des sept dernières années, j’ai gravi une à une les différentes marches qui me menaient jusqu’à l’infidélité suprême : avoir des rapports avec un autre homme. D’autres hommes, pour être plus précise.

Am I wrong? Cela fait-il de moi quelqu’un d’amoral ? d’immoral ? de pas fréquentable ? Peut-être. Pour la plupart des représentants du commun des mortels, en tout cas.

J’en parle peu, du coup, ils sont rares ceux qui sont capables d’entendre ces vérités et de les comprendre sans juger. La réponse classique que j’obtiens est : « Tu ne l’aimes pas si tu réagis comme cela ». Pas sûr.

D’autres me disent : « Et comment tu réagirais s’il te faisait la même chose ? ». C’est là que je choque vraiment, généralement, en disant que je pense que je ne lui en voudrais pas. Je ne peux pas lui en vouloir au vu de ce que j’ai fait, mais je ne considèrerais même pas cela comme une vengeance ou un juste retour des choses. Même si je ne l’avais pas trompé en premier lieu, d’ailleurs.

Pour moi la fidélité ne se mesure pas à l’aune des actes mais à celle des sentiments. Nous sommes des êtres humains faits de chair et de sang, et donc faillibles. Personne n’est à l’abri d’une pulsion. On peut, pour moi en tout cas, parfaitement aller voir ailleurs de temps à autre, si cela ne remet pas en cause la relation elle-même et les sentiments qu’elle implique. Il faut bien sûr une certaine dose de franchise et de confiance, mais là n'est pas mon propos... 

Si mon homme me trompait, je pense que je voudrais savoir quels sont ses sentiments pour la personne concernée, vérifier s’il s’agit d’un épisode isolé ou s’il y a autre chose... Et surtout, j’aimerais qu’il me raconte en détail ce qui s’est passé. Mais ça, généralement je ne le dis pas, parce que c’est là que je passe vraiment pour une folle.

D’où la question : Am I wrong? Est-ce moi qui suis trop « lâche », trop souple, dans mes idées ou est-ce le monde autour de moi qui juge de façon trop stricte ? Puis-je vivre avec une personne qui ne partage pas les mêmes idées que moi sur la fidélité et me retrouver à faire sans cesse des compromis sur ma liberté ? Ou, au contraire, vivre ma liberté telle que je l’entends, et devoir choisir entre mentir et faire souffrir ?

J’ai beau avoir déjà essayé chacune de ces solutions, je n’ai toujours pas la réponse à cette question. Réfléchir à une troisième voie, peut-être…

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Commentaires

Pour la troisième voie, tu me tiens au courant si tu trouves....

Ecrit par : F. | 09.04.2007

I am what i am...Have u forget that!
laisse tomber les concepts de fidelite au sens judeo-chretien qui ne sont que des boulets que t'a accroché ton education catholique.La fidelite c'est etre la au quotidien,avoir du respect pour ce qui a été construit a deux et en connaitre la dimenssion qui est beaucoup plus importante que ce que tu peux faire avec ton corps en dehors de ta relation.Si dans ton miroir ,tu vois toujours la jolie femme que tu ne dois pas manqué d'etre alors tout va bien.
Désolé de ma psychologie de supermarché mais j'aime bien ton blog!

Ecrit par : deep | 10.04.2007

Deux commentaires, deux sourires, le matin au réveil, c'est rare... Merci !

@ F. : Bien entendu ! ;)

@ deep : Tout à fait d'accord, le problème étant que, comme je l'ai dit, je vis avec un homme dont la conception de la fidélité se réduit au sens le plus strictissime possible.
Quant à voir la jolie fille, ma foi... il y a du progrès mais je n'y suis pas encore. Surtout avec la moisson d'oeufs en chocolat sur mon bureau. Ahum... ;)

Ecrit par : AmIWrong | 10.04.2007

Bonjour...je me permets ...(je trouve de plus en bizarre ce que je trouvais naturel et spontané avant, "commenter")(mais bon..)
Je vais vivre dans quelques jours avec un homme qui considère que si c'est bon pour l'épanouissement de ceux qu'on aime d'avoir des histoires d'amour et/ou de sexe rien ne doit empêcher ces excrsions hors du couple .Arrrgh...
Je posais la question du "pourquoi" (moche ma phrase...) de mon obstinée monogamie récemment
"Suis-je dans la norme des femmes de mon temps ?Une succession sans superpositions d’histoires plus ou moins importantes,importantes signifiant ayant laissé stigmates .Une constante, j’en quittais un pour l’autre .Pourquoi cette propension à la monogamie. On tient ça de qui , de son éducation, ou bien c’est intrinsèque, ou alors juste répulsion au mensonge .Même quand la dégradation des amours et affinités d'avec le père de mes enfants compagnon de route de 20 ans était manifeste, que je croisais le regard appuyé d’un homme libre tendre et joyeux, mes jobs en étaient vivier inépuisable de cette catégorie là, rien. Alors je me dis ,il faut bien que je trouve une conclusion après tout, que c’était par paresse, lâcheté aussi .Pas envie de souffler dans le jeu de cartes. Pas de prises de risques."
J'en ai cherché les raisons donc , mais pas de réponse satisfaisante.Une vague conclusion
Au finish, ça m'est insupportable la notion d'infidélité, et ça me fait vraiment chier d'être potentiellement sujette à tant de souffrance au cas ou ...vraiment ...
J'ai même tenté une vague relation dans la durée avec un homme maqué...ça m'a juste laissé un arrière gout d'avoir été un faire valoir, un alibi, une preuve de ...

Alors cette phrase de Deep, j'aime beaucoup...ça peut aider en fait .
".La fidelite c'est etre la au quotidien,avoir du respect pour ce qui a été construit a deux et en connaitre la dimenssion qui est beaucoup plus importante que ce que tu peux faire avec ton corps en dehors de ta relation"

Ecrit par : Barbarian | 12.04.2007

@ Barbarian : Mais je t'en prie, trouver les mots c'est souvent difficile, je me retrouve moi aussi de plus en plus lectrice silencieuse...
Je crois être à l'opposé de toi, j'ai beaucoup de mal à imaginer une relation monogame, parce que j'ai tendance à y voir une entrave à ma liberté. Il est peut-être là, mon problème, à la base. Je suis là au quotidien et j'essaie de sauver ce qui peut l'être dans ma relation, et je tiens énormément à l'homme avec qui je vis. Mais la manière dont il essaie de contrôler chacun de mes mouvements et refuse de me faire confiance malgré les efforts que j'ai faits ne me donne pas envie de persévérer. C'est une question difficile, je crois que je n'ai pas fini d'y réfléchir. Merci pour ton commentaire.

Ecrit par : AmIWrong | 12.04.2007

Malgré tous les idéaux pures et vertueux dont on veut affubler l'homme, dans les faits nous ne sommes que des animaux. Et on n'a qu'une vie. Coïter avec une seule et unique personne dans ces conditions paraît bien dificile.

Ecrit par : Ignatius | 12.04.2007

@ Ignatius : Merci pour la visite. Tu proposes quoi, dans ces conditions ?

Ecrit par : AmIWrong | 12.04.2007

Grosse orgie?

Ecrit par : F. | 12.04.2007

@ F. : F... Quelques grammes de finesse dans un monde de brutes... ;o)

Ecrit par : AmIWrong | 12.04.2007

J'ai trouvé ca au rayon "psychologie de supermarché"...la fidélité est culturelle alors que l'infidélité,elle,est plutot naturelle...toujours le meme debat entre l'inné et l'acquis...est ce qu'une regle ou une conduite est meilleure que ses penchants naturelles sous pretexte qu'elle est un code ou une norme pour sociale induite par des us et coutumes qui puissent leur origines dans une religion...J'ai connu un homme que sa femme trompait a tout va...Il m'a dit un jour (car il le savait)..."peu importe,elle me donne ce qu'aucun autre n'aura,son souffle dans mon cou quand elle dort la nuit,le partage de sa vie,les gestes du quotidiens.Ces frasques finiront par passer,alors,il restera moi...J'ai n'ai rien trouvé a dire a ca...
De toute facon,dans un siècle,nous seront tous morts et entérrés,tous ceux que l'on connaissait seront morts également,ce sera comme si nous n'avions jamais existé...Croyez vous qu'il y ait encore quelque chose de grave que l'on aurait pu faire alors?...Alors je vous le dit,prenez comme devise le meilleur slogan que la pub est pu avoir"je fais ce que je veux avec mes cheveux"
(désolé chere amiwrong,mais ca me chiffonne de voir des gens avoir peur de leur liberté et de leur libre arbitre pour des pretextes,certes comprehensibles,mais qui ne tiennent pas la route a mon sens).

Ecrit par : deep | 12.04.2007

@ deep : Tout à fait, et ma liberté me pousse justement à franchir des limites que je n'aurais pas dû dépasser si j'avais suivi la morale. Mon problème réside plutôt dans la manière dont la personne avec qui je vis ressent tout cela, et à quel point il en souffre. Vivre ma liberté ou faire du mal à quelqu'un à qui je tiens quand même assez pour ne pas vouloir lui infliger de tortures inutiles, il est là, mon dilemme.

Ecrit par : AmIWrong | 13.04.2007

J'en ai conu un homme, qui avait fait de l'infidélité un art de vivre voire un art tout court
Je lui avais demandé pourquoi il restait marié
"Il y a celles à qui je dis "tournez vous très chère que je vous encule" et ma femme.Dont j'espère que le jour de ma mort elle sera celle qui me fermera les yeux.Donc..."
J'ai fini par le trouver sympathique en fait.

Ecrit par : Barbarian | 13.04.2007

@ Barbarian : Encore une histoire de dichotomie, peut-être... J'en connais quelques uns des hommes tels que celui tu décris. Comme si la femme en tant qu'épouse était là pour remplir certaines fonctions, et les maîtresses vouées à d'autres... Intéressant.

Ecrit par : amIwrong | 14.04.2007

Je me disais que j'aurais pu écrire ce que vous écriviez jusqu'au chapitre "je voudrais savoir".
La limite de la liberté de chacun est la liberté des autres. Par conséquent chacun a droit à sa vie privée. Et sa propre vie privée, ça ne concerne que soi-même par définition. Ma femme ne sait donc rien de mes aventures et je ne voudrais rien savoir des siennes si elle en avait.
Les aventures peuvent aussi ne pas être QUE physiques. Les liaisons peuvent être sentimentales et on doit se sentir libre d'éprouver ce qu'on veut (Kundera a écrit un truc à ce sujet, je le retrouverai plus tard). Je ne crois pas que l'amour soit un gâteau à partager de sorte qu'on ne peut en donner qu'aux dépends de quelqu'un d'autre. L'amour, c'est du ressenti personnel. En revanche, c'est l'expression de l'amour, parce qu'elle s'inscrit dans la temporalité, qui n'est pas infiniment partageable. C'est à ce niveau là qu'il faut négocier.

Ecrit par : Vagant | 19.04.2007

@ Vagant : Merci pour la visite... et pour ce magnifique commentaire. Je veux bien que vous me fassiez parvenir la citation de Kundera, si vous la retrouvez (je ne réponds pas au reste du commentaire pour l'instant parce que mon cerveau est par trop éteint pour répondre de façon intelligente, j'y réfléchis et y reviendrai).

Ecrit par : amIwrong? | 20.04.2007

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